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Bas les masques ! [06/02/2010]

Le supporter : « Ah, les Basques n’auraient pas dû nous manquer de respect, avec leurs masques de papier sur le nez ! Tout ça parce que le match de vendredi aurait dû se jouer en novembre et que l’USAP aurait signalé trop tard deux joueurs grippés. Pendant ce temps-là, toute la semaine, la presse nous a seriné sur le nouveau souffle des Bayonnais, l’oxygène apporté par Gajan, la santé retrouvée d’Edmonds… On allait voir ce qu’on allait voir. Alors, il faudrait savoir : ils auraient préféré le jouer quand, ce match ? En novembre, quand ils imaginaient l’USAP avec 17 absents aussi mal en point qu’eux ? Ou vendredi, après avoir retrouvé leur respiration ? »

Le chroniqueur : « Peut-être bien que la réponse dépendait du score final. Bon, à l’arrivée, on a les a bien enrhumés, les Bayonnais ! Et avec leurs masques, ils peuvent se faire des mouchoirs à présent. Quand j’ai vu le public de Jean Dauger se boucher le nez, Je me suis douté qu’ils allaient finir par s’en mordre les doigts. Dans le Café Six surchauffé, j’ai crié « Bas les Masques » ! Et enrhumés comme le sont, ces temps-ci, les Catalans à Paris, ça a donné « Bats les Basques !»

Le philosophe : « Ils ont tort car le Bayonnais chante mieux quand il n’est pas bâillonné ! Mais comme je ne suis pas sûr qu’ils aient le sens de l’humour ces temps-ci, ça leur a peut-être fait du bien de rire. On ne peut leur en vouloir. Sérieusement, c’est navrant de voir un des temples de la culture rugby et l’un des meilleurs clubs formateurs se battre pour ne pas descendre. Ce qui risque quand même bien d’arriver à l’un des deux».

Le supporter : « En attendant, prendre cinq points à l’extérieur en jouant 30’ en infériorité numérique, ce n’est pas donné à grand monde. D’autant qu’à la différence de leurs voisins Biarrots, une semaine plus tôt au même endroit, les Bayonnais se sont bien envoyés. Pour eux, la défaite doit être d’autant plus cruelle et risque de laisser des traces. Pour nous, malgré les touches loupées, elle dégage un parfum qui commence à me plaire. Le geste de Brunel sur l’essai de Tanas me rappelle des bons souvenirs. Pas vous ?»

Le philosophe : « Ne sois pas pressé. On est encore en hiver. Apprécie chaque match pour ce qu’il est et non pour ce qu’il devrait être. Celui de vendredi a montré qu’on devenait patient, qu’on savait ce qu’on voulait faire et qu’on arrivait, par instant, à le faire. Mais je te rassure : on aura encore l’occasion de souffrir ».

Le spécialiste : « Pas d’accord. Maitriser le match, c’est surtout ne pas prendre de points quand on est faible et faire la cueillette au bon moment. J’ai l’impression qu’on a fait le tri entre les combats qu’on voulait livrer et les autres, pour éviter de consommer inutilement des joueurs. Après, les Bayonnais pouvaient faire vingt cinq fois les grandes largeurs, ils ne progressaient pas. Et puis, les 20’ où l’on subit à 5 mètres sans craquer resteront un des grands moments de la saison !».

L’éducateur : « C’est ce qu’on dit aux jeunes : ne soyez pas aimantés par le ballon. Réfléchissez. Adaptez-vous à la situation. L’essai de Porical en est une belle illustration. J’aime moins le ballon tombé après la percée de Hume. Il n’est pas seul responsable : quand on joue dans la défense, le soutien doit converger vers l’utilisateur. On leur dit: « prends la même porte que ton copain »…. Et puis, le jour où Gavin troquera ses missiles sol-sol contre le dépôt de ballon, je suis sûr que l’attaque de l’USAP changera de dimension. On prend le pari ?»

Le philosophe : « Tu dis ça, mais je suis sûr que les magnifiques passes au pied de Laharrague, ce n’est pas une inspiration de dernière minute, qu’elles sont le résultat réussi d’un Plan aussi bien préparé que le débarquement en Normandie. Les deux essais de Planté, ils sentent la patte d’Azéma.».

Le supporter : « Et qu’est-ce que tu dis du dernier ? Il reste 30 secondes. On voit Moustache crier à l’image : « Christophe, il faut marquer ». Et le Vieux lui répond : « Ok, chef ». Il marque, on prend le bonus et on est premier. Elle est pas belle, la vie ? On avait un statut à défendre. On a bien fait le boulot.»

Le philosophe : « Arrête avec ce statut à défendre, ou bien tu vas finir comme un syndicaliste du rugby. Le titre, il est devant nous, pas derrière. Et il reste à prendre. C’est ça qui est intéressant ».

Le chroniqueur : « Bon les gars, on ne s’en sortira pas. Si j’ai bien compris ce que vous expliquez, les joueurs ont tombé les masques ! L’USAP sait aujourd’hui ce qu’elle veut. Elle affiche la couleur. Le message est clair, c’est bien ça ? Bon, mais ce n’est pas tout, mais j’ai encore une chronique à écrire pour essayer de le raconter».

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LE SUPPORTER, L'EDUCATEUR ET LE PHILOSOPHE [01/02/2010]

 

Le supporter : « Carton plein ! Bon, c’est sûr, le sac a dû leur paraître un peu lourd aux Berjalliens. Mais le résultat est mérité. Du lourd devant, du très lourd même, [...]


 
 

 
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